28.09.2006

"Aimer la vie, vivre l'amour"J.R. Huguenin

Il y a si longtemps que j'ai lu, pour la première fois, Huguenin et le plaisir est toujours aussi vif de reprendre le Journal, bien sûr, mais aussi les Carnets et les Articles. Quelle page choisir pour donner envie à d'autres de découvrir celui qui est mort à vingt-quatre ans, après avoir écrit un seul roman "La Côte sauvage" ? ...
Celle-ci peut-être qui semble déjà résumer son destin ... "La mort non plus ne viendra pas à bout de nous ; la mort ne tuera jamais ce qu'on aime. (...)
Hier soir il est tombé une drôle de neige, élastique et serrée comme de la barbe à papa. Maintenant un misérable soleil s'est levé entre deux nuages, on dirait le premier sourire d'un lâche. Je n'aime pas les temps incertains. Il m'est arrivé beaucoup de choses, je ne peux pas t'en parler par lettre, peut-être ne t'en parlerai-je jamais. L'important est de courir le risque des pires détresses. Celui qui n'a jamais cru en mourir n'aura jamais vécu. Il faut des orages et des tempêtes, nage qui peut ! Mais peu importe ce que fut la tempête. Ce n'est pas la tempête que l'on aime, c'est le bateau qui en revient."
A J.J. Soleil in "Le Feu à sa vie" Textes et correspondance inédits présentés par Michka Assayas (Seuil) 1987
Mais le bateau, un jour, n'est pas revenu ...

26.09.2006

Sur les quais de Bordeaux.

Flânerie nocturne dans les rues de Bordeaux. Le coeur historique de la ville, magnifiquement restauré, dévoile sa beauté au passant ébloui. Toulouse, malgré tout son charme, Toulouse que j'aime tant, ne peut cependant rivaliser avec la grâce aristocratique de la capitale de l'Aquitaine. Sur ses quais, il est si facile de se laisser emporter par le rêve, franchir les mers et retrouver les parfums des îles au temps des voiliers de la Royale. Je sais aussi, bien sûr, les souffrances des hommes dont cette beauté procéde. Elles me blessent mais ne m'empêchent pas d'admirer.

22.09.2006

Une sainte de vingt-quatre ans !

Connaissez-vous Thérèse ? Pour entrer dans l'intelligence de ce qu'elle fut, il faut dépasser l'imagerie sulpicienne sous laquelle, trop souvent, nous la connaissons. Il faut refuser les innombrables commentaires pieux sous lesquels des dévots mal inspirés ont trahi son message. Préférez-leur le film de Cavalier : "Thérèse". Il est d'un agnostique. Et alors ? Il raconte une histoire d'amour, la passion d'une jeune fille de quinze ans entrée au carmel pour y vivre sa quête d'un Dieu qui, Seul, peut combler l'immensité de son désir. Cette aventure va faire d'elle "la plus grande sainte des temps modernes." Comprenne qui pourra !
Thérèse de l'Enfant Jésus et de la Sainte Face poursuit en quelques années sa "course de géant"vers la sainteté parce qu'elle suit Jésus de la crèche à la croix et consent à entrer dans la passion du Christ... A mère Marie de Gonzague, dans les dernières semaines de sa courte vie, elle écrit ces lignes arrachées à sa douleur : "Je dois vous sembler une âme remplie de consolations et pour laquelle le voile de la foi s'est presque déchiré, et cependant ... ce n'est plus un voile pour moi, c'est un mur qui s'élève jusqu'aux cieux et couvre le firmament étoilé. Lorsque je chante le bonheur du Ciel, l'éternelle possession de Dieu, je n'en ressens aucune joie, car je chante seulement ce que je veux croire."
Car il faut entrer dans les plus épaisses ténèbres pour voir se lever l'aurore et chanter l'Alleluia de Pâques dans le plein soleil de midi.

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