19.10.2006

Pour une anthropologie chrétienne ...

S'il est un livre qui présente un christianisme de plein vent, c'est bien celui, ancien déjà, d'Olivier Clément, théologien français orthodoxe : "Questions sur l'homme".
Extrait : "L'humanité que nous observons et que nous sommes semble une humanité cassée. Cassée, elle l'est d'abord en chacun de nous : le "moi" est un théâtre d'ombres, de personnages névrotiques dont nous ne tirons pas les ficelles mais qui tirent plutôt les nôtres. Nos facultés aussi sont séparées, et leur hiérarchie bouleversée : une intelligence purement cérébrale, qui oppose, un "coeur" enténébré, livré aux forces du subconscient, qui confond. Nous voici "cul par dessus tête" : et plus de centre où tout pacifier.
Séparés en nous-mêmes, nous le sommes aussi entre nous : des individus ennemis, solitaires ou confondus, solitaires dans la confusion même.
C'est tout cela que la théologie nomme la condition déchue.
On ne saurait élaborer une anthropologie chrétienne en s'enfermant dans cette condition. La réflexion aboutirait au vide. Analyser l'individualité dans sa seule condition séparée nous enfermerait dans la vision myope que provoque notre "aliénation", une aliénation qui n'est pas seulement sociale mais fondamentale, ontologique.
Ces ténèbres, d'ailleurs, sont traversées d'éclairs. Dans la folie de l'amour ou la création, dans la transparence d'un regard, dans le simple et soudain émerveillement d'exister, des profondeurs lumineuses se révèlent.
L'homme ne s'explique pas au niveau de l'homme.
Le beau mot d'éthos, que nous appauvrissons en "éthique", signifie originellement "demeure". Et le viel Héraclite disait : "La demeure de l'homme, c'est Dieu."
Questions sur l'homme, 1972, Stock p. 1/2.

Commentaires

"Le Verbe s'est fait chair et Il a habité parmi nous. Et nous avons vu Sa gloire." Jn 1,14.
Question essentielle ! Que pourrais-je répondre ? Pour moi, l'homme, pour se comprendre, doit se tourner vers le Christ. "Ecce homo", dit Pilate en le présentant à la foule à l'heure de la passion. Jésus est, vraiment, l'homme. Celui que Dieu, de toute éternité, a rêvé. Celui que chacun de nous est appelé à être. Oui, Dieu, a fait sienne notre humanité. En elle, Il a révélé Sa gloire. Gloire que Jean a contemplée sur les chemins de Palestine mais, de manière toute particulière, parce que signant en quelque sorte la vérité d'une vie, sur le calvaire, rayonnant sur le monde à partir de la Croix. Jésus n'a plus un visage reconnaissable, défiguré qu'il est par les outrages et la torture. C'est qu'après avoir vécu d'amour, Il a voulu mourir d'amour. Ce faisant, Il a pris sur Lui toutes nos agonies. Mais le Père a reconnu l'homme en lui et, sur sa face humiliée, Il a embrassé chacune de nos faces.
Cet homme était aussi Son fils. Il a reconnu en Lui Ce Fils. Et Il L'a ressuscité dans l'aube de la Pâque.
En Lui, nous sommes aussi fils. Ce qu'Il est, Lui, par nature, nous le sommes, nous, par adoption. Créés à Son image, appelés à sa ressemblance. Cette image nous structure au plus profond. Elle peut être voilée, obscurcie, ignorée, reniée, elle demeure. Elle fait partie de notre humanité. Elle fonde notre dignité. Elle est promesse d'éternité et promesse de gloire. Avec Augustin, je puis dire : "Tu nous as faits pour Toi, Seigneur, et notre coeur est inquiet jusqu'à ce qu'il repose en Toi." Il n'y a, autrement, que l'absurde qui gagne et je refuse l'absurde. Avec Lui, nous ressusciterons, avec Lui, nous vivrons d'un bonheur sans limite parce que, comme Lui, nous sommes dès à présent appelés à aimer et l'amour est plus fort que la mort
Eric

Ecrit par : eric verneuil | 21.10.2006

Ca y est j'ai trouvé la porte d'entrée de la maison d'Eric verneuil!
Et il semble qu'elle soit habitée!

Ecrit par : LAFAYE | 23.10.2006

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