28.11.2006
Ni la chair...
"Ni la chair ni le sang ne sont nos adversaires, mais bien plutôt l'esprit des ténèbres."
Maurice Clavel in Le tiers des étoiles
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18.11.2006
A la recherche de Lagrange...
Ai rencontré la figure, pour moi encore assez énigmatique, d'Henri Lagrange, qui fascinait Barrès. Camelot du roi, co-fondateur avec Georges Valois du cercle Proudhon, il rêvait de réconcilier la monarchie avec le syndicalisme. Mort à vingt ans, lors des premiers combats de la Grande guerre, il devait laisser un souvenir brûlant à tous ceux qui croisèrent sa route . Ainsi à Bernanos écrivant dans Sous le Soleil de Satan, (p. 302 des Oeuvres romanesque dans l'édition de la Pléiade) : "J'ai vu, tout frémissant d'une impatience sacrée, le jeune Lagrange pareil à un pressentiment vivant...." Ce jeune homme m'intrigue et je serais heureux d'en savoir plus sur lui. Si quelque lecteur de ce blog pouvait m'y aider ...
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11.11.2006
Armistice
En ce jour anniversaire de l'armistice me reviennent à la mémoire ces lignes superbes de Bernanos revenu de la guerre : “Vieux amis des hauteurs battus par le vent, compagnons des nuits furieuses, troupe solide, troupe inflexible (...) _ ô garçons !...le onze novembre nous bûmes le dernier quart du vin de nos vignes, le onze novembre nous rompîmes le dernier pain cuit pour nous.”
La Grande Peur des bien-pensants,p. 60, Essais et Ecrits de combat, Bibliothèque de la Pléiade
Evocation magnifique de ceux-là qui ont vécu la guerre dans la fraternité de l’avant et ne se reconnaissent pas dans le monde de l’après-guerre. D’où la colère de celui qui est revenu, au spectacle de l’arrière avide d’exploiter leur victoire.
“Seront-ils seuls à nous représenter, nous et la France, devant l’histoire et l’avenir ; nous jugera-t-on d’après ces histrions, et ces baladins viendront-ils crâner sur nos pauvres tombes, transformées en ce qu’ils appellent, en leur jargon, des plates-formes électorales ? De quel droit osent-ils parler de nos sacrifices ? De quel droit s’autorisent-ils de nous pour être les sentinelles de cet ordre moral dont ils ont inventé le nom pour cacher leurs anciennes lâchetés et qui est le contraire de l’ordre, puisqu’ils sanctionnent et sanctifient ce désordre dont ils sont les responsables?”
Combat pour la vérité p. 38
Michel del Castillo, dans une préface° à Sous le Soleil de Satan, livre flamboyant écrit en réponse à cette imposture, donne une clef que n’aurait pas désavouée Bernanos: “L’humble sourire de ces vieillards de vingt-ans répétait le consentement du Christ au Jardin des Oliviers. Le péché du monde, le progrès technique dévoyé et mis au service de la mort, des millions d’enfants le prirent sur eux. Nulle volonté d’héroïsme, mais une humble obstination, l’entêtement du laboureur et de l’artisan, leur infinie patience. “J’ai servi au sens le plus strict, servi comme un serviteur...”_ cet aveu du romancier, la majorité sans doute des poilus l’eût pu faire.”
°Georges Bernanos ou l’insurrection de l’esprit, éd. Famot, Genève, 1977.
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08.11.2006
retour de Tunisie
Parti quelques jours à Hammamet sur les traces de Bernanos, je n'ai pu que constater l'oubli qui entoure aujourd'hui son nom. Au Bureau du Tourisme comme à l'église, nul n'y a gardé le souvenir de sa présence.
La ville aussi a dû passablement changer. Hammamet ne doit plus guère ressembler à celle qu'il connut, la medina exceptée, et encore ?
Mais le ciel et la mer, la fraîcheur des matins et la douceur des soirs, eux, sont tels, ou à peu près, qu'il les a vus, éprouvés, sentis. Ils portent toujours au rêve, ils disent la beauté de cette terre.
La couleur éclate, souveraine. Le beu et le blanc sont partout présents. Bleu du ciel, de la mer et de ces portes ouvrant sur le mystère. Blanc immaculé des maisons de la medina qui chantent sous le soleil et apportent une note de fraîcheur.
Il faut errer, longuement, dans les ruelles étroites, se rassasier de beauté.
Je suis rentré à mon hôtel, sans passer devant le massif de bougainvillées mauves où une multitude d'oiseaux font entendre, quand tombe le soir, des pépiements sans fin. Les mêmes bougainvillées qu'à Singapour quand tombait la nuit, sur la route de l'aréoport.
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