29.03.2007
ce qu'on ne peut aimer n'est rien
"Une fois de plus, parvenu au terme d'un livre ainsi qu'au terme d'une vie, mon coeur se tourne vers ceux que j'aime et je reconnais que la colère et l'indignation sont vaines, que ce qu'on ne peut aimer n'est rien. On peut tout aimer, puisque Dieu n'a pas voulu tromper la faim et la soif de sa pauvre créature douloureuse. Ce qu'elle ne saurait aimer n'est rien. Les mensonges sur lesquels nous nous jetons comme sur un mur ne nous opposent rien de palpable, ne sont que des murs de nuit. Ils sont la part du néant, la part des ténèbres, que l'amour n'a pu encore restituer à la lumière et lorsqu'on se retourne vers sa propre enfance, qu'on l'appelle de loin, si las non de vivre mais d'avoir vécu, elle nous répond de sa voix douce : "Il n'y a qu'une erreur et qu'un malheur au monde, c'est de ne pas savoir assez aimer."
Georges Bernanos in "Nous autres Français"
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27.03.2007
il y a ...
"Il y a quelque chose de pire que d'avoir une mauvaise pensée. C'est d'avoir une pensée toute faite.
Il y a quelque chose de pire que d'avoir une mauvaise âme; et même de se faire une mauvaise âme. C'est d'avoir une âme toute faite.
Il y a quelque chose de pire que d'avoir une âme perverse. C'est d'avoir une âme habituée.
On a vu les jeux incroyables de la grâce et les grâces incroyables de la grâce pénétrer une mauvaise âme et même une âme perverse, et on a vu sauver ce qui paraissait perdu. Mais on n'a pas vu mouiller ce qui était verni, on n'a pas vu traverser ce qui était imperméable, on n'a pas vu tremper ce qui était habitué." (...)
Charles Péguy in Note conjointe sur M. Descartes et la philosophie cartésienne. Gallimard, 1935, p. 96
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11.03.2007
éthique et politique
Lu dans l'Histoire, ce mois, à propos d'une biographie d'Éric Roussel sur P. Mendès-France:
"(...) Avec cette interrogation implicite qui marque la fin de l'ouvrage :sert-on mieux son pays en se réfugiant au nom de l'éthique, dans une émigration intérieure dont l'intransigeance force l'admiration, ou en tentant d'agir sur les choses quitte à passer des compromis qui sont l'essence du politique?"
En cette veille d'élection, il y a de quoi réfléchir.
Cela me fait aussi penser à la fameuse citation de Péguy : "Ils ont les mains pures mais ils n'ont pas de mains." Encore Mendès a-t-il consenti à mettre les mains au cambouis à certains moments, avant de se réfugier dans une opposition hautaine.
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