22.05.2007

une grande querelle !

"Je ne suis pas celui qui regarde le monde comme un spectacle divertissant, mais j'y défends ma querelle avec passion, rage, feu de toute mon âme et de toute ma vie. (...) Ce que tant d'imbéciles tiennent pour des nuées creuses, la justice, l'honneur, la foi, je les tiens pour des vivants plus vivants qu'eux".
G. Bernanos, lettre, 1916 ou 17 in G. Gaucher : Bernanos ou l'invincible espérance, p. 47

08.05.2007

La rose et le réséda

En ce 8 mai ...

A Gabriel Péri et d'Estienne d'Orves comme à Guy Mocquet et Gilbert Dru`

"Celui qui croyait au ciel
Celui qui n'y croyait pas
Tous deux adoraient la belle
Prisonnière des soldats
Lequel montait à l'échelle
Et lequel guettait en bas
Celui qui croyait au ciel`
Celui qui n'y croyait pas
Qu'importe comment s'appelle
Cette clarté sur leur pas
Que l'un fût de la chapelle
Et l'autre s'y dérobât
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n'y croyait pas
Tous les deux étaient fidèles
Des lèvres du coeur des bras
Et tous les deux disaient qu'elle
Vive et qui vivra verra
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n'y croyait pas
Quand les blés sont sous la grêle
Fou qui fait le délicat
Fou qui songe à ses querelles
Au coeur du commun combat
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n'y croyait pas
Du haut de la citadelle
La sentinelle tira
Par deux fois et l'un chancelle
L'autre tombe Qui mourra
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n'y croyait pas
Ils sont en prison Lequel
A le plus triste grabat
Lequel plus que l'autre gêle
Lequel préfèrent les rats
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n'y croyait pas
Un rebelle est un rebelle
Nos sanglots font un seul glas
Et quand vient l'aube cruelle
Passent de vie à trépas
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n'y croyait pas
Répétant le nom de celle
Qu'aucun des deux ne trompa

Louis Aragon